V├®rit├® et r├®conciliation

Excuses

Nous, lÔÇÖAssociation ontarienne des soci├®t├®s de lÔÇÖaide ├á lÔÇÖenfance et les soci├®t├®s dÔÇÖaide ├á lÔÇÖenfance non autochtones de lÔÇÖOntario, pr├®sentons nos excuses aux familles, aux enfants et aux communaut├®s autochtones pour notre r├┤le dans la Rafle des ann├®es 1960, ainsi que notre r├┤le continu dans la surrepr├®sentation actuelle des enfants autochtones dans notre syst├¿me.

Nous reconnaissons que nous, en tant que soci├®t├®s dÔÇÖaide ├á lÔÇÖenfance, ├®tions au courant ou aurions d├╗ ├¬tre au courant des dommages et des traumatismes engendr├®s dÔÇÖabord par les pensionnats, et ensuite poursuivis par notre participation ├á la Rafle des ann├®es 1960. Nous avons vu des communaut├®s d├®truites et d├®vast├®es, et nous sommes complu ├á croire que vous en ├®tiez les seuls responsables. Cela nÔÇÖ├®tait pas le cas. Les actes auxquels nous avons particip├® vous ont manifestement men├® ├á ce stade.

Nous nous excusons aupr├¿s des enfants, des m├¿res et des p├¿res qui ont ├®t├® bless├®s par la Rafle des ann├®es 1960, et qui se retrouvent actuellement pris dans un syst├¿me du bien-├¬tre de lÔÇÖenfance. Durant la Rafle des ann├®es 1960, les agences du bien-├¬tre de lÔÇÖenfance ont retir├® des milliers dÔÇÖenfants autochtones de leur foyer, leur famille et leur communaut├® partout au Canada. Un grand nombre de ces enfants ont ├®t├® plac├®s dans des foyers non autochtones partout au Canada, aux ├ëtats-Unis et m├¬me outre-mer. Bien que certaines familles adoptives aient fait de leur mieux pour aimer et ├®lever les enfants autochtones, la Rafle des ann├®es 1960 est maintenant reconnue comme ayant ├®t├® une pratique dÔÇÖassimilation forc├®e ÔÇö qui sÔÇÖest prolong├®e bien au del├á des ann├®es 1960, jusque dans les ann├®es 1980.

Le juge Edwin Kimmelman, lÔÇÖauteur du rapport de 1985 intitul├® No Quiet Place portant sur le syst├¿me du bien-├¬tre de lÔÇÖenfance et la fa├ºon dont ce dernier a eu une incidence sur les Autochtones, a d├®crit la pratique de la Rafle des ann├®es 1960 comme ├®tant un ┬½ g├®nocide culturel ┬╗. La juge en chef Beverley McLachlin et le commissaire Murray Sinclair ont utilis├® les m├¬mes termes pour d├®crire le syst├¿me des pensionnats. Bien que nous nous efforcions de changer cette trajectoire, nous devons reconna├«tre quÔÇÖaujourdÔÇÖhui, la situation sÔÇÖest empir├®e. Les enfants autochtones continuent dÔÇÖ├¬tre surrepr├®sent├®s dans notre syst├¿me. Ils continuent dÔÇÖ├¬tre plac├®s dans des foyers et des ├®tablissements loin de leurs familles et de leurs communaut├®s. Encore en 2017, ces placements ne sont pas culturellement s├®curitaires. Les enfants nous le disent dans leurs mots, ainsi que dans leurs actes de suicide et dÔÇÖautomutilation.

Nous nÔÇÖavons pas r├®pondu ad├®quatement au besoin des communaut├®s autochtones de se gu├®rir du traumatisme, ce qui leur est essentiel pour progresser. Nos ressources ne sont pas distribu├®es de fa├ºon appropri├®e pour que les organismes autochtones puissent offrir des services du bien ├¬tre de lÔÇÖenfance ├á leurs enfants et que les possibilit├®s de traitement soient facilement disponibles afin que la gu├®rison sÔÇÖeffectue plus pr├¿s du foyer.

Il est important que nous reconnaissions et comprenions lÔÇÖimpact ainsi que la signification du g├®nocide culturel ├á lÔÇÖ├®gard des Autochtones de lÔÇÖOntario. La Rafle des ann├®es 1960 a ├®t├® la continuation des traumatismes et de la perte culturelle interg├®n├®rationnels inflig├®s aux Autochtones de lÔÇÖOntario. Il y a toujours un manque de services fond├®s sur la culture autochtone ├á lÔÇÖintention des enfants et des familles, ainsi que de la r├®sistance ├á lÔÇÖ├®gard de lÔÇÖautod├®termination des Autochtones relativement aux soins apport├®s ├á leurs enfants et leurs familles.

Il sÔÇÖagit dÔÇÖinjustices historiques et contemporaines dont nous, en tant que soci├®t├®s dÔÇÖaide ├á lÔÇÖenfance non autochtones de lÔÇÖOntario, devons assumer la responsabilit├®. Il sÔÇÖagit de v├®rit├®s difficiles, mais ce sont des v├®rit├®s que nous devons r├®v├®ler afin dÔÇÖentreprendre le parcours vers la gu├®rison, le changement et la r├®conciliation.

Nous devons maintenant faire plus quÔÇÖoffrir des paroles. AujourdÔÇÖhui, nous nous engageons envers les communaut├®s autochtones ├á continuer de solliciter et mettre en pratique vos conseils, alors que nous adoptons des mesures concr├¿tes afin de nous assurer que nous servons les enfants et les familles autochtones dÔÇÖune fa├ºon qui autonomise les enfants, les familles et les communaut├®s.

Les soci├®t├®s dÔÇÖaide ├á lÔÇÖenfance non autochtones de lÔÇÖOntario se sont entendues unanimement pour prioriser la r├®conciliation avec les communaut├®s autochtones en prenant les engagements essentiels suivants :

  • R├®duire le nombre dÔÇÖenfants autochtones pris en charge.
  • R├®duire le nombre de dossiers juridiques impliquant des enfants et des familles autochtones.
  • Accro├«tre le recours ├á des ententes formelles de soins conformes aux traditions.
  • Garantir une repr├®sentation et une participation des Autochtones aux conseils dÔÇÖadministration locaux.
  • Instaurer une formation obligatoire r├®guli├¿re sur les autochtones ├á lÔÇÖintention du personnel.
  • Int├®grer le Principe de Jordan dans la pratique de services et le protocole inter-agences.
  • En consultation avec les communaut├®s autochtones, ├®laborer un plan de lÔÇÖagence unique afin de mieux r├®pondre aux besoins des enfants et des familles de ces communaut├®s.
  • Continuer ├á ├®tablir des relations entre lÔÇÖagence locale et les communaut├®s autochtones locales.
  • Aider les personnes souhaitant consulter leurs dossiers historiques en acc├®dant ├á lÔÇÖinformation quÔÇÖelles demandent et la leur fournissant.
  • R├®duire le nombre dÔÇÖenfants autochtones pris en charge.
  • R├®duire le nombre de dossiers juridiques impliquant des enfants et des familles autochtones.
  • Accro├«tre le recours ├á des ententes formelles de soins conformes aux traditions.
  • Garantir une repr├®sentation et une participation des Autochtones aux conseils dÔÇÖadministration locaux.
  • Instaurer une formation obligatoire r├®guli├¿re sur les autochtones ├á lÔÇÖintention du personnel.
  • Int├®grer le Principe de Jordan dans la pratique de services et le protocole inter-agences.
  • En consultation avec les communaut├®s autochtones, ├®laborer un plan de lÔÇÖagence unique afin de mieux r├®pondre aux besoins des enfants et des familles de ces communaut├®s.
  • Continuer ├á ├®tablir des relations entre lÔÇÖagence locale et les communaut├®s autochtones locales.
  • Aider les personnes souhaitant consulter leurs dossiers historiques en acc├®dant ├á lÔÇÖinformation quÔÇÖelles demandent et la leur fournissant.

La mesure et le suivi de chacun de ces engagements sont entrepris aux paliers local et provincial. Les agences se sont engag├®es ├á rendre compte des r├®sultats dans chacun de ces aspects.

Le conseil dÔÇÖadministration de lÔÇÖAssociation ontarienne des soci├®t├®s de lÔÇÖaide ├á lÔÇÖenfance a pris les quatre engagements essentiels suivants :

  • Transf├®rer les ressources aux organismes autochtones de sorte quÔÇÖils soient plus en mesure dÔÇÖoffrir des services aux enfants, aux familles et aux communaut├®s autochtones, ainsi que de d├®fendre leurs int├®r├¬ts.
  • Aider les leaders autochtones dans leur qu├¬te dÔÇÖautogouvernance et de l├®gislation relativement au placement des enfants dans leur communaut├® locale.
  • Appuyer lÔÇÖautonomie autochtone dans lÔÇÖ├®laboration de services autochtones particuliers et dans le syst├¿me du bien-├¬tre de lÔÇÖenfance.
  • Aider et encourager les agences non autochtones ├á travailler avec les communaut├®s autochtones locales afin de sÔÇÖassurer que les enfants et les familles sont servis dÔÇÖune fa├ºon qui m├¿ne ├á la r├®conciliation.
  • Transf├®rer les ressources aux organismes autochtones de sorte quÔÇÖils soient plus en mesure dÔÇÖoffrir des services aux enfants, aux familles et aux communaut├®s autochtones, ainsi que de d├®fendre leurs int├®r├¬ts.
  • Aider les leaders autochtones dans leur qu├¬te dÔÇÖautogouvernance et de l├®gislation relativement au placement des enfants dans leur communaut├® locale.
  • Appuyer lÔÇÖautonomie autochtone dans lÔÇÖ├®laboration de services autochtones particuliers et dans le syst├¿me du bien-├¬tre de lÔÇÖenfance.
  • Aider et encourager les agences non autochtones ├á travailler avec les communaut├®s autochtones locales afin de sÔÇÖassurer que les enfants et les familles sont servis dÔÇÖune fa├ºon qui m├¿ne ├á la r├®conciliation.

Les engagements pris par le secteur du bien-├¬tre de lÔÇÖenfance de lÔÇÖOntario repr├®sentent une reconnaissance que ce dernier doit faire mieux, assumer la responsabilit├® des r├®sultats, ainsi que travailler selon un cadre de travail qui reconna├«t et appuie la r├®conciliation avec les communaut├®s autochtones.

La Rafle des ann├®es 1960 et de nombreuses pratiques actuelles ont caus├® des dommages inestimables aux Autochtones de lÔÇÖOntario. Ces paroles dÔÇÖexcuses et de regrets constituent seulement une reconnaissance que nous devons faire mieux. Nous avons un long chemin ├á parcourir vers la r├®conciliation et la gu├®rison de ces injustices historiques. LÔÇÖAssociation ontarienne des soci├®t├®s de lÔÇÖaide ├á lÔÇÖenfance et les soci├®t├®s dÔÇÖaide ├á lÔÇÖenfance se sont engag├®es ├á collaborer avec toutes les parties prenantes afin de nous assurer que nous progressons vers un avenir plus sain.

Mary Ballantyne

Chef de la direction
Ontario Association of Children’s Aid Societies